HYMNE
AU MONT VENTOUX
Plus de
mille neuf cents mètres au-dessus de la mer,
Dominant la région de ton front dégarni,
Tu t'élèves, Ventoux, dans l'azur infini,
Et jettes aux alentours un œil ardent et fier ;
Tel un
élan d'amour qu'aurait lancé la terre
A la voûte céleste, tu tressailles, ému,
Toi, colosse, titan, si âpre et si sévère,
Quand le ciel, de ses vents, caresse tes flancs nus.
Mont
Ventoux, merveilleux, fascinant, terrifiant,
Les hommes étonnés de leur insignifiance
Devant ta majesté, devant tant de puissance,
S'évertuant cependant à t'affronter, géant ;
A pieds
ou à vélo, ils jettent leur courage,
Leur énergie, leurs forces contre tes versants
Rudes, se démenant, suant, se dépensant,
Ils progressent le long de tes pentes sauvages ;
Et
l'effort qu'ils arrachent à leur volonté
Ils le puisent, Ventoux, au plus profond d'eux-mêmes,
Car c'est d'abord contre eux,tu sais,qu'ils se démènent,
Pour se prouver encore leur propre dignité.
Puis,
lorsqu'exténués, éreintés, harassés,
Ils atteignent l'arrivée tant promise
Et contemplent à leurs pieds la Provence soumise
De toutes leurs souffrances ils sont récompensés ;
Et ton
sommet magique a réuni les cœurs
De tous les hommes, parce qu'arriver, après tout,
Premier ou dernier, peu importe, Ventoux,
Car ceux qui t'ont gravi, vois-tu, sont tous vainqueurs.
Maud
SEROBAC